Le billet de ...
MATTHIEU CALAME
L'idée de progrès de l'homme émerge à partir du 14ème siècle par l'affirmation de la supériorité de l'Homme antique, comme sujet au centre du monde, sur celui de la pensée médiévale, homme soumis aux seigneurs et au clergé.
En Italie cette émancipation intellectuelle à l'égard de la tradition médiévale est portée par des poètes comme Pétrarque ou Boccace, puis se diffuse dans toute l'Europe.
Cette libération intellectuelle, relayée par l'expansion économique va peu à peu répandre l'idée d'un « progrès » de l'humanité.
L'œuvre de Francis Bacon, « La nouvelle Atlantide », publiée au XVIème siècle, constitue une sorte de manifeste fondateur de la théorie du progrès.
C'est sans doute au XVIIIème siècle, avec les Lumières, que l'idée de progrès atteint son apogée. Il s'agit d'une conception globale du progrès humain, morale et sociale, avant d'être scientifique et technique.
L'œuvre de Condorcet « Esquisse d'un tableau historique du progrès humain » est l'expression la plus aboutie de ce mouvement.
Toutefois, au cours du XIXème et surtout du XXème siècle, la notion de progrès se ternit. Malgré de grandes avancées - abolition de l'esclavage, émancipation féminine, ébauche d'un droit international - l'époque ne réalise pas les idéaux des Lumières.
La colonisation, la permanence de la violence économique et guerrière conduisent à des crises paroxistiques telles que les deux guerres mondiales qui nourrissent un pessimisme croissant sur les possibilités de progrès moral de l'humanité.
Dans un contexte de misanthropie latente, la notion de progrès se trouve progressivement réduite aux dimensions économiques et techniques. L'idée d'un progrès moral de l'être humain semble abandonnée.
L'action politique se limite dès lors à espérer que l'innovation technique, la consommation et la croissance parviendront à contenir les passions humaines. Malheureusement l'innovation comme la croissance posent à leur tour des problèmes sociaux comme environnementaux.
La Fondation pour le Progrès de l'Homme se revendique de l'héritage humaniste. Elle défend une conception du progrès humain proche de celle des lumière, à savoir la possibilité d'un progrès moral et social des femmes et des hommes, par l'action et la formation collective, une meilleure gouvernance, une progression de la conscience et de l'éthique et une meilleure compréhension du monde.





